Voyage Février 2019

 

Voyage humanitaire en Haïti du 4 au 11 Février 2019

 

 

 

Avant de commencer notre compte-rendu, nous tenons à rendre hommage et remercier Papito Marius, étudiant parrainé par notre association qui nous a servi de guide et de médiateur durant tout notre séjour, et Eldonn, notre chauffeur hors pair. 
Malgré un contexte très difficile dans Port-au-Prince, ils ont su faire preuve d’un grand sang-froid et d’une totale maîtrise pour assurer notre sécurité et nous permettre d’effectuer notre mission dans les meilleures conditions. Papito nous a été aussi d’un grand secours pour nous aider à mieux connaître les conditions de vie en Haïti et le contexte économique et social du pays.
 
Un petit mot également sur la scolarité en général en Haïti. Notre association est une association laïque et apolitique. Toutefois, il faut savoir que, dans ce pays, l’éducation nationale est très peu présente. Les écoles privées, majoritairement catholiques, représentent 95 % du système éducatif. 
 
C’est la raison pour laquelle les écoles avec lesquelles nous travaillons sont toutes religieuses. Hormis cet aspect, nous avons rencontré des personnes dévouées, très proches de la population et animées d’un même esprit d’instruire les enfants pour leur offrir de meilleures conditions de  vie.

 

Monique, Sœur Marie-Mocla, Christine et Papito à l’école Adrien Masa de Pétionville

Lundi 4 février :
 
Nous arrivons à l’aéroport de Port-au-Prince à 18H30 avec une heure de retard sur l’horaire prévu. Papito nous attendait avec Eldonn, le chauffeur, depuis 17H00. Nous rejoignons l’hôtel Gabrielle’s gardé par un agent de sécurité armé. La chambre est sommaire mais propre. Nous faisons enfin connaissance avec Papito et ne tardons pas à nous coucher après ce long voyage.

Mardi 5 février :
 
Nous nous rendons à Cazeau visiter l’école de Sœur Polonne. Celle-ci est absente et nous sommes accueillis par Sœur Mélodie. Nous rencontrons Rémy Kervenson, enfant parrainé dans cet établissement et Neslie Cantave qui suit des études pour devenir jardinière d’enfants (ATSEM), dont le parrainage s’est arrêté faute de justificatifs du montant des frais de scolarité. Nous ne pouvons pas voir Sujan Aaschner Benoît, autre enfant parrainée en raison de son absence. Sœur Polonne passe nous saluer.

Ecole de Cazeau

Nous partons ensuite en direction de Pétionville, à l’école Adrien Masa, tenue par Sœur Marie-Mocla où nous rencontrons également Catherine Louail, adhérente de l’association et marraine de deux enfants de cet établissement, venue rendre visite à ses filleuls.

 

Comité d’accueil constitué par les enfants parrainés et à parrainer

  à l’école Adrien Masa de Pétionville

Nous sommes accueillis par un comité d’accueil émouvant avant de rencontrer les enfants parrainés et à parrainer. Nous partageons ensuite un repas avec Sœur Marie-Mocla avant d’aller visiter l’école. 
 
La citerne d’eau que nous avons fait construire est toujours en activité, des salles de classe ont été rajoutées. Marie-Mocla nous montre l’endroit où elle souhaite faire construire de nouveaux WC en remplacement des huit existants, dans un grand état de délabrement, pour un établissement de 900 élèves. Le devis pour ce projet s’élève à 3.000 €.

 

            Citerne d’eau potable construite                WC actuels

                      par l’association

 

Nous redescendons ensuite sur Port-au-Prince où nous rejoignons l’hôtel avant la tombée de la nuit, toujours pour des raisons de sécurité. 
 
Puis Eldonn doit ensuite effectuer 1H30 de trajet pour rentrer chez lui, même s’il n’habite pas très loin, en raison de l’état des routes et de l’insécurité qui règne dans certains quartiers dont Martissant, Carrefour-Feuilles… dans lesquels sévissent des gangs armés par certaines forces au pouvoir. La population souffre de cette situation de corruption et un vent de révolte se lève.
 
 Mercredi 6 février :
 
Nous partons de très bonne heure pour nous rendre à environ 100  kms de Portau-Prince. Le trajet dure 4 heures. Nous arrivons à Vialet de Petit-Goâve, où vient de s’installer Sœur Marie-jeanne, notre partenaire depuis des années, dans une nouvelle école de 118 élèves de primaire.  
Ici, tout est à construire : jardin potager pour rendre l’établissement autonome en matière de nourriture, construction de sanitaires, d’une cantine, achat de manuels scolaires, de tissu et matériel de couture pour l’école professionnelle qui aide à l’insertion des jeunes en leur apprenant un métier. La responsable de l’école a également besoin d’un photocopieur et d’ordinateurs mais, avant tout, d’une ligne électrique pour les faire fonctionner.

  
Actuelle cantine à l’école de Vialet de Petit-Goâve

Sœur Marie-jeanne nous sert une soupe au giraumont (courge) locale, traditionnellement servie en Haïti pour le Nouvel an, autrement dit, un repas de fête. Nous ne pouvons qu’admirer le courage et l’énergie que Sœur MarieJeanne dégage pour donner aux élèves dont elle a la charge la possibilité d’étudier et de le faire dans les meilleures conditions.
 
Elle est également à la recherche d’intervenants bénévoles en arts plastique pour venir donner des cours durant les mois de juillet et août pour occuper les enfants qui viennent, ici, passer leur temps libre pour participer à des activités.
 
Sœur Marie-Jeanne nous accompagne ensuite à l’école de Vieux-Bourg d’Aquin dans laquelle nous avons fait construire une bibliothèque, projet lancé, à la base à son initiative. Après des mois de travaux réalisés au fur et à mesure de nos collectes de fond, la bibliothèque est désormais terminée, même s’il manque encore quelques finitions. Elle a commencé à fonctionner. 
 
A notre arrivée en sa compagnie, Sœur Marie-Jeanne est acclamée par les élèves. On peut mesurer sa notoriété auprès des enfants. Pour avoir passé un bon moment avec elle, Sœur Marie-Jeanne est une main de fer dans un gant de velours. Elle sait mobiliser autour d’elle par son dynamisme et son amour des autres.   

Sœur Marie-Jeanne avec une élève

Nous faisons la connaissance de Sœur Lénique, qui a pris la succession de Sœur Marie-Jeanne dans cette école où nous avons quatre enfants parrainés. 
 
Un nouveau partenariat va démarrer avec cette responsable pour pérenniser nos actions dans cet établissement. Sœur Lénique nous fait visiter la bibliothèque.

Bibliothèque de l’école construite par notre association

Monique et Sœur Lénique, responsable de l’école de Vieux Bourg d’Aquin

Des manifestations étant annoncées sur Port-au-Prince dès le lendemain, nous ne tardons pas à prendre la route. Apparemment, les échauffourées ont déjà commencé et nous mettons encore davantage de temps au retour qu’à l’aller.

Fort heureusement, Eldonn, notre chauffeur, également conducteur de poidslourds, possède un émetteur radio et un réseau qui nous permettent de rentrer à bon port.
 
 Jeudi 7 février :
 
En raison des manifestations violentes, il est impossible de quitter l’hôtel. De nombreuses personnes dont l’ambassade de France avec laquelle nous sommes en contact, nous déconseillent de sortir. 
 
La responsable de l’hôtel met la cuisine à notre disposition. Papito et Michel, le gardien de l’établissement, partent acheter de quoi manger et nous faisons la dinette dans la salle de restaurant déserte puisque nous sommes, pour l’instant, les seuls occupants. 
 
Ensuite, Papito nous explique les subtilités de sa langue natale. Les proverbes, par exemple, ont un sens littéral imagé dont il convient de dégager l’idée pour en saisir toute la signification. Nous prenons ensuite une leçon de compréhension et de lecture de créole haïtien, encore différent du créole guadeloupéen ou martiniquais. 
 
Le soir, Papito et Michel retournent chercher à manger. Nous nous sentons un peu inutiles. Lorsqu’ils reviennent nous chercher, la table a été mise et c’est finalement un peu un repas de fête. Nous ne pensions pas qu’une soupe puisse avoir une telle saveur de solidarité, de tendresse et d’attention. Nous sommes très touchées par le soin que tout le monde prend de nous.  

Soupe de giraumont

 Vendredi 8 février :
 
Malgré la situation encore instable et les deux rendez-vous annulés par les universités de Port-au-Prince et UNASMOH, nous nous rendons à l’université Lumière, déserte, où nous rencontrons M. Chéry, administrateur, qui excuse l’absence de M. Chavannes, le recteur, avec qui nous avons néanmoins un entretien téléphonique. 
 
M. Chéry nous informe qu’il est à la recherche de partenariats avec des universités françaises et, notamment, de professeurs voulant bien donner un peu de leur temps, soit pour se rendre en Haïti donner des cours, sur une semaine, par exemple, soit par e-learning.
 
M. Chéry se montre très satisfait et très fier des résultats de Papito et lui propose de venir donner des cours lorsqu’il aura son diplôme. Papito est actuellement en année de licence et souhaite poursuivre en maîtrise. M. Chéry nous affirme que « si Haïti comptait un million de Papito, le pays serait sauvé ».

M. Chéry, administrateur de l’Université Lumière, Christine Tiberio et Papito Marius

Nous le croyons sur parole. Durant la semaine que nous passons ensemble, il fait preuve d’une réelle efficacité, d’une grande maturité et d’une finesse d’esprit et d’analyse. Bien d’autres qualités encore qu’il serait trop long d’énumérer. Pour faire court, c’est une belle personne et nous sommes persuadés que l’avenir d’Haïti réside dans ces jeunes courageux, volontaires, dynamiques qui n’hésitent pas à sacrifier quelques années de leur jeunesse pour étudier dans des conditions que nous n’imaginons même pas.

Par exemple : deux heures de route si tout va bien pour partir étudier sur des chemins cabossés puisque le réseau routier reste inexistant, traversant des quartiers dans lesquels un tir sporadique n’est pas à exclure. Et ceci 6 jours sur 7 puisque des cours sont également assurés le samedi, voire même parfois le dimanche pour les étudiants en université et le samedi pour les lycéens.
 
Petite parenthèse : le cycle de la maternelle s’effectue en 3 années : préscolaire 1, 2 et 3 puis cycle fondamental de 6 ans. Ensuite, suit un cycle de 3 ans qui équivaut, chez nous, au collège. Enfin, le cycle secondaire se clôture en 4 ans puisque la classe de 3ème chez nous fait partie de ce cursus. Notre année de 1ère correspond ici à l’année de rhétorique et la terminale à l’année de philosophie. Pour ceux qui souhaitent poursuivre en université, la licence s’effectue en 4 ans et la maîtrise entre 18 mois et 2 ans.
 
Nous nous rendons ensuite à l’école Saint-François de Salles où nous avons rendez-vous avec Sancia, ancienne élève parrainée qui vient aussi d’être maman, et deux autres élèves pour qui la poursuite de financement était en suspens. En raison de l’attitude désinvolte et du manque évident de motivation des deux jeunes filles, nous confirmons notre décision d’arrêter de subvenir à leurs frais de scolarité.

  
Ecole Saint-François de Salles à Rivière-Froide

Nous rencontrons ensuite les responsables de l’école. Nous avons abandonné les parrainages dans cet établissement car le suivi des enfants laissait à désirer. Nous faisons la connaissance de Sœur Evanette de l’école primaire, de Sœur Eugénie de l’école Gallagher et de M. Joseph, professeur. 
 
Après une grande discussion, nous décidons, d’un commun accord, de refaire une tentative sur de nouvelles bases. M. Joseph nous servira d’interlocuteur pour le primaire et le collège et Sœur Eugénie pour le secondaire et l’école Gallagher qui propose un cycle professionnel équivalent, chez nous, au BTS.

Wilguens qui a bénéficié de cet enseignement, peut aujourd’hui, après un examen d’entrée à l’université », étudier directement en 3ème année d’agronomie.
 
Sœur Eugénie nous fait ensuite visiter les locaux de l’école Gallagher. Nous rencontrons ici une association paysanne qui travaille et réunit une fois par trimestre 24 autres associations de paysans pour réfléchir à une meilleure gestion des ressources et des techniques agricoles. Nous prenons contact et allons essayer de leur trouver des partenaires en France. Une bonne relation est en train de naître entre Sœur Eugénie et nous car c’est également une personne passionnée pour emmener les enfants le plus loin possible.  

Nous nous rendons ensuite chez Marie-Guerdy mais il est déjà un peu tard et nous n’avons pas le temps de pratiquer l’atelier de cuisine prévu puisque, de nouveau pour des raisons de sécurité, nous devons revenir avant la nuit. 
 
Marie-Guerdy, Papito, Janita, Wilguens et d’autres habitent à Carrefour, un quartier de Port-au-Prince qui manque des services de base. Les conditions de vie sont extrêmement difficiles dans ces quartiers. Par exemple, Marie-Guerdy n’avait plus d’électricité depuis le dimanche précédent. Tout devient alors beaucoup plus compliqué, surtout avec un ou des enfants en bas âge. 
 
Marie-Guerdy nous offre un repas composé de spécialités locales : beignets de malangas (équivalent, chez nous du manioc ou de l’igname). Kenji est un beau bébé, déjà très éveillé. Marie-Guerdy nous offre du café qu’elle torréfie ellemême et du miel des ruches de son mari. Elle envisage de reprendre ses études d’infirmière lorsque Kenji commencera à fréquenter l’école. Pour l’instant, elle élève son bébé, s’occupe de ses frères et sœurs et de sa maman gravement malade.

 

Samedi 9 février :
 
Nous avions prévu plusieurs visites culturelles : Comité d’Artisanat Haïtien, musée MUPANAH, librairie La Pléiade, Bibliothèque Nationale haïtienne mais, en raison des circonstances, tout est fermé. Seul le Comité d’Artisanat Haïtien est ouvert et nous faisons nos achats pour acheter des créations que nous vendrons sur notre stand lors de nos prochaines manifestations.
 
Nous revenons à l’hôtel où nous commençons de rédiger le compte-rendu de notre voyage et travaillons sur le logo avec Papito. Nous proposons deux choix et c’est le logo avec la silhouette qui l'emporte à la majorité des voix.

Notre association utilisera désormais ce nouveau logo, fruit d’un travail et d’une concertation entre les membres de l’association, Papito, notre ambassadeur en Haïti, qui excelle dans de nombreux domaines et les personnes intéressées qui ont bien voulu nous aider à construire cette identité franco-haïtienne. C’est donc un nouveau symbole, porteur d’une belle participation solidaire qui voit le jour.

Demain, les étudiants nous avaient prévu une journée à la plage pour les rencontrer. Malheureusement, les événements nous obligent à changer nos projets. Nous convenons que le plus sécurisant pour tous est qu’Eldonn prenne Marie-Guerdy, Wilguens et Janita à Carrefour et les amène à l’hôtel d’où nous partirons pour aller manger dans un petit restaurant tous ensemble, si la circulation le permet.
 
La patronne de l’hôtel nous informe que l’électricité va être coupée jusqu’au soir pour économiser les générateurs.
 
Il faut savoir qu’en Haïti, l’une des raisons de la colère des citoyens provient du fait que Jovenel Moïse, l’actuel président, avait promis, dans sa campagne présidentielle de donner accès à l’électricité 24H/24 dans les deux premières années de son mandat. Deux ans plus tard, nous sommes loin du compte et des coupures ont régulièrement lieu sur la capitale. On ne parle même pas des communes les plus éloignées qui ne sont, elles, pas du tout alimentées. Les générateurs prennent alors le relais durant les coupures mais encore faut-il en posséder un et, dans ce cas, pouvoir l’alimenter en carburant. 
 
Or, l’une des autres raisons de la colère des Haïtiens et non des moindres, est la pénurie de gazoline (essence) résultant de l’affaire de corruption qui touche le Président et des personnalités haut-placées, l’affaire PétroCaribe.
 
Le Vénézuela possède une importante réserve de carburant qu’elle revend en Haïti à un tarif plus avantageux que les Etats-Unis. Le contrat PétroCaribe prévoit, par ailleurs, la transformation d’une partie de la facture en une dette sur le long terme.

Mais des règles strictes sur l’utilisation des fonds accumulés sont imposées aux pays bénéficiaires. Le report de la dette sur le long terme permet, en effet, de constituer un fonds de développement pour lutter contre la misère et la faim et permettre l’autosuffisance alimentaire.
 
Or, les dirigeants d’Haïti n’ont pas respecté cet accord et ont allègrement pioché dans les caisses au lieu d’en faire bénéficier le pays. Et aujourd’hui, Haïti ne dispose plus de l’argent nécessaire pour rembourser la dette. Cette manne qui devait aider Haïti à sortir la tête de l’eau n’a finalement fait que l’enfoncer encore un peu plus, poussant la population à se révolter et à demander la destitution de Jovenel Moïse.

 

Dimanche 10 février :
 
Ce matin, lever à 5H00 pour nous rendre à la messe. Haïti, aux premières lueurs, commence  déjà à s’affairer. Nous prenons un tap-tap pour nous rendre à l’église. Que l’on soit croyant ou pas, pratiquant ou pas, on ne peut rester insensible à ce lieu plein de vie. L’église, à 6H00, est déjà presque remplie. Les chants sont animés par une chorale pleine de vie, le prêtre présente l’Evangile de façon enthousiaste. Nous sommes portées par les chants fervents de la foule venue, l’espace d’un moment, oublier les difficultés pour se retrouver dans un milieu chaleureux où les gens, Noirs ou Blancs, peuvent se mélanger et échanger des paroles de paix avant de retourner affronter les difficultés de la vie quotidienne.

 

En revenant à l’hôtel, nous achetons des bananes et des œufs durs dans la rue et préparons le petit-déjeuner dans la cuisine puisque la serveuse ne travaille pas aujourd’hui. 
 
Nous attendons des nouvelles des étudiants. Mais, malgré notre nouvelle organisation, les émeutes ne leur permettent pas d’effectuer un trajet en sécurité ni de nous déplacer. Nous restons donc à l’hôtel où nous travaillons sur le présent compte-rendu. Les étudiants et nous sommes très déçus de ce rendezvous manqué mais ce n’est que partie remise. La sécurité des uns et des autres avant tout.

Ce soir, pour notre dernière soirée, nous décidons d’aller manger au restaurant. Michel, le gardien qui a été d’une extrême gentillesse toute la semaine pour rendre notre séjour plus agréable nous accompagne. Nous passons une soirée inoubliable.
 
Lorsque nous entendons une détonation, Monique demande si ce sont des feux d’artifice. En fait, il s’agit de tirs mais nous sommes bien à l’abri et assez loin des coups de feu. Soirée un peu irréelle dans cet endroit hors du temps. Nous revenons à l’hôtel et remercions Michel d’avoir facilité notre semaine dans cet endroit.

 

A notre retour à l’hôtel, Papito nous demande si nous avons des nouvelles de l’ambassade de France car des vols ont été annulés aujourd’hui. Il nous propose de nous lever de bonne heure le lendemain pour savoir si Eldonn pourra venir nous chercher ou s’il faudra chercher un taxi.
 
La soirée est triste et l’émotion palpable car nous allons laisser derrière nous des personnes qui nous sont devenues très chères et que nous avons appris à mieux connaître et à aimer. La situation a, elle aussi, contribué à renforcer les liens qui nous unissent à nos partenaires et désormais amis.
 
 Lundi 11 février :
 
Debout dès 5H00 du matin, les nouvelles ne sont pas bonnes. La crise s’est encore durcie et Eldonn ne peut pas venir nous chercher en raison des barrages.

Papito et Michel parviennent quand même à nous trouver un taxi. Nous proposons à Papito de demander au chauffeur de le déposer chez lui après nous avoir emmenées à l’aéroport. 
 
Après avoir passé quelques barrages, nous arrivons à bon port mais le chauffeur refuse d’emmener Papito en raison des émeutes. Nous lui demandons alors de le redéposer à l’hôtel, en sécurité, en attendant qu’il trouve un moyen de transport pour retourner chez lui.
 
C’est donc le cœur bien lourd que nous entrons dans l’aéroport avec le sentiment d’avoir abandonné Papito à un sort incertain. Nous gardons le contact. Avant de prendre l’avion, nous recevons un message qui nous apprend qu’il est à l’hôtel sain et sauf et que son père lui envoie une moto-taxi pour qu’il puisse rentrer.
 
Sur le chemin du retour, il doit faire face à de nombreux barrages dont un auquel il doit payer un droit de passage mais il parvient à rentrer sain et sauf chez lui. 
 
De notre côté, l’avion a pris du retard pour permettre de rapatrier un groupe de touristes français arrivés le vendredi et bloqués dans un hôtel de Port-au-Prince.
 
 Conclusion :
 
Après ce séjour en immersion dans les difficultés de ce pays que nous avons cherché à comprendre, nous repartons riches de projets, d’idées nouvelles et d’une expérience hors du commun. 
 
Pour ma part, j’entends renouveler cette mission l’an prochain pour conserver cette relation unique avec nos contacts car je pense que nous ne pourrons effectuer un travail fructueux sans nous appuyer sur les acteurs locaux qui ont besoin de nous rencontrer régulièrement pour créer du lien, du sens et travailler encore plus étroitement ensemble.
 
Et puis, je veux aussi revenir pour tous ces jeunes qui nous font confiance et qui avancent, malgré leurs pénibles conditions de vie, et insufflent au pays un véritable souffle d’énergie et d’espoir et je compte rester au plus près d’eux, grâce à vous tous, pour les aider à y parvenir. Un renouveau s’annonce en Haïti à travers cette jeunesse et les petits colibris que nous sommes peuvent à leur modeste niveau y prendre part.
 
Devise d’Haïti : ANSANM NOU FÒ. En français : L’UNION FAIT LA FORCE  
 
  REMERCIEMENTS
 
 
Monique et moi tenons à remercier les personnes qui nous ont aidées à organiser et à effectuer ce voyage :
 
- Papito, pilier de notre association en Haïti, pour la planification impeccable de notre programme et son intervention à nos côtés durant toute cette semaine. Sans lui, vu les conditions, nous aurions été complètement perdues,


- Michel, gardien de l’hôtel Gabrielle’s qui s’est mis en quatre pour nous aider à trouver de la nourriture, à cuisiner et à commander un taxi le jour de notre départ,
 
- Eldonn, notre chauffeur exceptionnel, d’un grand sang-froid qui a su parfaitement réagir, notamment lorsque nous nous sommes rendus à Carrefour et retrouvé face à un gros camion de livraison alors que la route, véritable chemin de cailloux crevé d’ornières ne pouvait laisser passer qu’un seul véhicule,
 
- Sœurs Marie-Jeanne, Marie-Mocla, Lénique, Eugénie, Evannette, Polonne et MM. Chéry et Joseph pour leur chaleureux accueil,

- Nos jeunes : Marie-Guerdy, Janita, Wilguens, Sancia que nous n’avons malheureusement pas pu tous rencontrer mais qui font preuve d’une motivation et d’un courage exemplaire pour prendre leur vie en mains et changer leur pays,

- L’association Pêle Mêle O Val de Lançon-Provence pour la fourniture de matériel de couture et, plus particulièrement Martine Moine qui nous a fourni de jolies petites pieuvres multicolores au crochet et des tote-bags en tissus pour nos partenaires,

- Eric Spiller et Claude Bellantonio qui nous ont donné de nombreux médicaments que nous avons pu distribuer sur place,

- Erick Ringot, auteur de l’ouvrage « Calcul des ouvrages: Résistance des matériaux et fondements du calcul des structures » qui a fait don, avec les éditions Eyrolles, de son livre à Papito ainsi que d’un second ouvrage d’applications paru plus récemment,
 
- Mme Vernhet, l’une de nos marraines, qui a offert à Papito un second livre intitulé : « Structures en béton armé : Analyse et dimensionnement », ainsi que Michelle Joly qui a financé encore un autre ouvrage.

  

- Tous les parrains et marraines qui ont fait passer des cadeaux ou des courriers pour leurs filleuls,
 
- Tous ceux qui nous ont suivi et soutenu tout au long de notre voyage et contribuent au succès de nos actions et manifestations.

   PROJETS
 
1. Ecole de Cazeau
 
- Continuation des parrainages.
 
2. Ecole Adrien Masa de Pétionville :
 
- Continuation des parrainages - Constructions de nouveaux sanitaires pour un montant de 3.000 €.
 
3. Ecole Paul VI de Vieux-Bourg-d’Aquin
 
- Continuation des parrainages, - Achat de livres pour la bibliothèque.
 
4. Ecole de Vialet de Petit-Goâve 
 
- Achat de semences pour la création d’un jardin potager, - Achat de manuels scolaires pour un montant de 1.045 €, - Achat de tissus et matériel de couture pour un montant de 1.973 €, - Achat d’un four et d’un freezer pour un montant de 720 €, - Achat d’ordinateurs pour un montant de 6.220 €, - Création d’une alimentation électrique, - Construction d’une cantine, d’un poulailler, de sanitaires (somme non évaluée), - Recherche d’intervenants bénévoles en arts plastiques pour les mois de juillet et août pour proposer des activités aux enfants sur l’école durant les vacances.
 
5. Ecole Saint-François de Salles de Rivière-Froide et école professionnelle Gallagher
 
Reprise des parrainages après discussion avec les responsables de l’école. M. Joseph assurera notre relais ainsi que Sœur Eugénie pour le secondaire et le professionnel. Les dossiers pour ces deux derniers cycles seront transmis à Papito qui nous enverra les documents avec son avis sur l’octroi des bourses après rencontre avec les jeunes,

Parrainage de la fille d’Eldonn, notre chauffeur, à la rentrée prochaine, soit à Vieux Bourg d’Aquin, soit à Rivière-Froide.

6. Université Lumière
 
- Recherche de partenariats avec des universités françaises, - Recherche de professeurs d’université prêts à se rendre en Haïti pour dispenser une semaine de cours ou plus à l’université ou disposés à assurer quelques cours par e-learning,
 
7. Association EPPMPH (Encadrement des Petits Paysans des Mornes et des Plaines d’Haïti)
 
Recherche de partenaires agricoles français pour échanger sur les techniques d’agriculture, la gestion des ressources et trouver de nouvelles idées pour développer l’agriculture en Haïti. 

     DEVISE DE L’ASSOCIATION
 
La légende du colibri, devise de l’association, prend encore plus de sens après notre semaine passée en Haïti. 
 
Elle est ici retranscrite en français, puis traduite en « kreyòl ayisien » par Papito.

LEGENDE DU COLIBRI  


Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part.»
 
Yon jou, daprè listwa, te gen yon gwo dife ki te pran nan yon forè. Tout zannimo yo te dekouraje, debousole e enkapab, te rete ap gade, ravaj dife sila a tap fè. Sèl yon tikolibri ki te fè mouvman, nan al chache pasi pala, tigout pa tigout, dlo nan bèk li pou etenn dife a. Pandan yon titan, yon tibèt ki rele tatou, ki santil’ agase pa aksyon komik tikolibri an tap fè an, te di : «Kolibri ! Ou fou ? » Atòw’ panse ke se ak tigout dlo sila yo ke w’ap rive etenn dife sa a ? « Kolibri an gade li di: Mwen konnen, men mwen fè pati pa mwen an.»