Voyage Mars 2016 |
COMPTE-RENDU VOYAGE EN HAITI
Mardi 29 mars 2016 Première journée sur le terrain ! Il n’y a pas de fortes chaleurs. Le thermomètre oscille entre 25-26° la nuit et 28-31° le jour avec un ciel qui se partage entre soleil et nuages. Port-au-Prince est fidèle à elle-même : une circulation chargée et une atmosphère polluée par les gaz d’échappement. Dans les rues, une quantité impressionnante de vendeurs « à la sauvette » installés sur les trottoirs avec toutes sortes de marchandises et d’aliments. Notre hôtel est très simple, mais très bien situé au coeur de la ville ce qui évite les longs déplacements pour aller aux différents rendez-vous. Ce matin nous avons pu enchaîner trois visites en 4 heures. Notre première visite a été faite à Madame France Guerrier de SOS Enfants Sans Frontières que nous avions vue déjà en 2014. Nous lui avons bien sûr transmis les salutations de Rémi. Elle nous a appris beaucoup de choses sur l’éducation post-bac en Haïti et sur les formations qui débouchent (mieux que d’autres) sur un emploi. France Guerrier a été très embarrassée par le problème avec les transferts d’argent pour nos filleuls. Elle a appris le problème par Paris. Elle pense que ce problème aurait pu être réglé très rapidement si elle avait été informée localement. Elle nous a expliqué que SOS ESF tient une comptabilité rigoureuse mais que ça ne l’empêche pas de faire des « avances d’argent » en cas d’urgence. D’ailleurs selon ses comptes il y a encore un montant disponible pour Marie-Guerdy. Je lui dirai quand nous la rencontrerons jeudi prochain (dans deux jours). Concernant les études d’infirmière à l’université Lumière, elle est au courant du faible taux de succès des étudiant(e)s à l’examen d’Etat (DE). Pour elle, l’implication est claire : sans DE, une infirmière peut trouver du travail, mais pas dans les hôpitaux d’Etat, ni dans les ONG, et recevra de ce fait un salaire plus faible. Elle pense que si nous voulons être sûrs que nos étudiantes réussissent au DE, il faudra envisager de les changer d’université : soit l’université Notre-Dame (que nous allons visiter demain), soit l’université Lumière des Cayes (ouest du pays). Il existerait aussi une université à Carrefour qui aurait (je parle au conditionnel, c’est donc à vérifier) des bons scores au DE : l’université Adventiste de Diquini mais celle-ci n’apparaît pas sous ce nom dans les statistiques de réussite. En ce qui concerne les formations professionnelles, elle approuve totalement l’idée que c’est une voie très intéressante pour nos filleul(e)s qui ont des résultats « moyens » en fin d’études secondaires. Elle nous a fourni une liste d’écoles professionnelles de bonne réputation (et nous avons pu en visiter une ce matin également). - Ecole Saint-Joseph (électricité, plomberie, secrétariat, etc.) - Ecole Don Bosco (malheureusement situé dans un quartier en grande difficulté) - Ecole Sainte-Trinité - Ecole Saint-Gérard - Ecole Anne-Marie Devarieux (coiffure, cuisine, couture, etc.) Notre deuxième visite a été consacrée à une institution « Les Pères de Saint-Jacques » qui gère des écoles et des communautés dans l’ensemble d’Haïti. Cet ordre religieux séculier est très bien implanté en Haïti et pourrait nous aider pour des envois vers Haïti. Chaque année, ils envoient un container depuis la France et ils en assurent la réception à Port-au-Prince. Nous allons contacter l’économe (le Père André Siohan) à ce sujet pour l’association SCAMT. André Siohan BP 40319 29403 Landivisiau Cedex France Tel : +33.(0)2.98.68.65.02 Tel : +33.(0)6.82.60.31.11 andresiohan@hotmail.com ecogenspsj@gmail.com Notre troisième visite a été consacrée au Foyer de Charité de Port-au-Prince. Nous avons été très gentiment reçus. Effectivement, comme l’avait suggéré Marie-Claire, ils offrent l’hébergement dans un cadre agréable sur les hauteurs de Port-au-Prince. Il suffirait de les prévenir à l’avance (deux ou trois mois avant une visite). Ils offrent aussi un service de voiture avec chauffeur. Le contact est : Dominique Saint-Lot Foyer de Charité « Sainte Marie » Port-au-Prince Tel : +509-3454.9808 Skype : domislot Email : domislot@gmail.com Cette maison religieuse gère une grande école (de la primaire à la terminale) entièrement reconstruite après le tremblement de terre, ainsi que l’école professionnelle Saint-Joseph (mentionnée plus haut). Enfin nous avons déjeuné avec Marie-Lourdie Eliassaint (filleule de Francis, sa fille Frédérique et Cathy) et Shella Borno (filleule d’Evelyne Serrat). Elles ont reçu leurs cadeaux et remercient chaleureusement leurs parrains et marraines. Mercredi 30 mars 2016 Notre journée a commencé par une visite de la faculté de médecine l’université Notre Dame d’Haïti (UNDH) sur les hauteurs de Port-au-Prince. Nous voulions y obtenir des informations concernant l’importance du diplôme d’Etat pour les étudiantes en sciences de l’infirmière et en médecine. La secrétaire du Doyen nous a déjà apporté quelques précisions utiles. Ensuite nous avons eu la chance de déjeuner avec le Doyen Henrys et la directrice de l’école d’infirmière Maud Timothée. Voici les points principaux que nous avons retenus : 1. Il existe effectivement un diplôme d’Etat (DE) pour les étudiant(e)s en médecine et sciences de l’infirmière. 2. En ce qui concerne les sciences de l’infirmière, il s’agit d’un examen distinct de l’examen de fin d’études universitaires. Il est organisé et corrigé par la faculté de médecine de l’université d’Etat. 3. Nous avons exprimé nos inquiétudes concernant les mauvais résultats de l’université Lumière dans ce domaine. Madame Timothée les connaissait bien entendu. Mais elle a tenu à nous rassurer. 4. Il s’avère que le contenu de l’examen du DE a changé il y a deux ans mais que les universités privées (ce sont elles qui forment la quasi-totalité des infirmières et infirmiers) n’ont pas été correctement informées par le ministère. Aussi les candidats ont été mal préparés d’où des taux d’échec élevés. Même l’université Notre Dame a souffert de cette situation. 5. Maintenant, la situation est rentrée dans l’ordre et les écoles d’infirmières ont pu modifier leur programme pour préparer leurs étudiants et étudiantes à l’examen du DE. Madame Timothée est convaincue que les taux de réussite vont s’améliorer, y compris à l’université Lumière. 6. En ce qui concerne la médecine, il n’y a pas un tel diplôme d’Etat. Le diplôme de médecin est décerné par l’université accréditée par l’Etat qui donne alors au diplômé une « licence d’exercice » à l’issue d’un stage de longue durée (un an et demi) au service d’un établissement hospitalier de l’Etat. Nous avons évoqué d’autres points avec ces personnes. 1. Le Doyen nous a indiqué l’existence d’une « équipe consultative » qui évalue les établissements d’enseignement supérieur en Haïti. Par exemple, il y aurait 400 écoles d’infirmières, 60 accrédités, mais moins d’une dizaine – dont Lumière – qui ont la qualité requise. 2. Il nous a recommandé de regarder de ce que fait l’organisation nord-américaine HELP (proche de ce que nous faisons). 3. Le taux de sélection à l’entrée en médecine est très élevé (2000 candidats pour 120 places) en première année. 4. Les possibilités d’admission sur équivalence (permettant le transfert entre université) existent. Elle repose sur les notes passées du candidat, la liste des matières étudiées, la qualité de l’université fréquentée, et la personnalité du candidat. Le Doyen Henrys a indiqué que souvent le candidat perdait une année, s’il a la chance de réussir. 5. Une fois les études de médecine terminées, si l’étudiant vers faire une spécialité, celle-ci ne peut se faire que dans un hôpital d’Etat à la suite d’un examen organisé par l’Etat… et dont les critères d’évaluation ne sont pas nécessairement cohérents avec la compétence des candidats… Il y aurait 450 candidats pour 120 postes de spécialistes. 6. L’université Notre Dame cherche des bourses pour ses étudiants et étudiantes méritant(e)s mais qui ne peuvent plus assumer leurs frais de scolarité. Nous avons évoqué des bourses d’entreprise (Orange Healthcare, grande mutuelle de santé, etc.). Nous avons ensuite rendu visite à l’Agence Française de Développement. Cette organisation qui dépend de l’Etat français et qui finance des actions de développement dans un certain nombre de pays en voie de développement. Nous y avons rencontré Matthieu Genin, chef de projet à Port-au-Prince. Cette personne est responsable, en particulier, du soutien apporté à la formation professionnelle. Nous en avons profité pour le questionner sur filières de formation qui amènent selon lui le mieux à l’emploi. Il recommande les filières suivantes : - Bâtiment (tous ses corps de métier) - Eau / assainissement - Tourisme - Restauration - Agronomie (mais il existe peu de formation « pratique »). Il a recommandé l’école Don Bosco. Un des gros soucis de la formation professionnelle est la difficulté d’organiser des stages pratiques. L’organisation de stage suppose en effet que l’entreprise soit en mesure de formaliser l’embauche du stagiaire (convention de stage). Mais en Haïti 95% des entreprises sont dans l’économie « informelle » (fonctionnent au « noir »). Elles ne sont pas prêtes à signer des conventions de stage et à organiser l’accueil de stagiaire. Souvent donc tout se passe « par relation ». Néanmoins, Monsieur Genin, nous a encouragé à soutenir des étudiants en école professionnelle (dont l’école Saint-Joseph que nous avons visitée hier). Enfin nous avons rencontré Mademoiselle Laila Bien-Aimé, étudiante de 6 ème année en médecine à l’université Notre Dame. Nous avons parlé avec elle des débouchés professionnels des études de médecine et de la façon d’aborder le passage à la vie professionnelle après de longues études. La situation n’est pas fondamentalement différente de ce qui se passe en France. Le jeune médecin peut choisir d’étudier une spécialité (internat) ou de travailler comme généraliste (dans un hôpital, une ONG) ou de s’installer en tant cabinet pour exercer la médecine libérale. En ce moment, il est facile d’obtenir un emploi dans cette profession.Jeudi 31 mars 2016 Encore une riche moisson d’informations intéressantes aujourd’hui. Le matin, nous avons eu de longues discussions avec l’équipe de direction de l’université Lumière. Puis nous avons visité l’école Saint-François de Sales à Rivière Froide où nous avons rencontré les Soeurs qui dirigent l’école ainsi que des filleuls actuels et… potentiels. Notre premier rendez-vous devait être avec le Recteur Jean-Chavannes Jeune et son chef de l’administration, M. Mainsou. Mais nous nous sommes retrouvés, Christine Delem et moi, devant toute l’équipe de direction. Etaient présents outre ces deux personnes: le Professeur Cornelly, Doyen de la faculté de Médecine, M. Chery, directeur financier, M. Jonas Nerval, Responsable de la logistique ainsi que la directrice académique et la directrice administrative de la Faculté des Sciences de l’Infirmière (FSI). Nous avons évoqué le cas de chacun de nos cinq filleuls qui étudient à l’université Lumière : deux en médecine, deux en sciences de l’infirmière et un en génie civil. Voici les points qui ont été apportés par le Doyen de la Faculté de Médecine : 1. Le Doyen Cornelly est satisfait des progrès accomplis par nos deux filleules, Loulouse Eliassaint (en fin de 3 ème année) et Shella Borno (en début de deuxième année).2. Le Recteur nous a dit que Shella Borno n’est plus à l’université Michael et Lumière. Il nous a informé que cette université qui résultait d’une coopération entre l’université Lumière d’Haïti et l’université Michael des Bahamas avait été fermée (après un an d’existence) et que tous les étudiants ont été réintégrés dans l’université Lumière. Ceux-ci étudient désormais sur un autre campus que celui du centre de Port-au-Prince et explique que nos deux étudiantes ne sont pas au même endroit. Nous pensons que c’est une bonne nouvelle parce que les frais de Michael et Lumière étaient très élevés par rapport à l’université Lumière elle-même. 3. Nous avons demandé au Doyen Cornelly qui, dans son université, pourrait nous informer de la liste des livres qui sont vraiment requis par rapport à ceux qui sont simplement recommandés. Il nous proposé d’écrire directement au décanat (son service). Il a indiqué qu’il fallait être prudent concernant l’acquisition des livres souhaités par les étudiants. Les professeurs mentionnent beaucoup de livres dans leurs cours. Mais seuls quelques livres sont obligatoires. Les autres sont facultatifs et peuvent être consultés en bibliothèque. D’ailleurs, souvent des livres sont recommandés par les professeurs. Souvent les professeurs n’ont pas une vision complète de l’ensemble des demandes faites par tous les enseignants et ne réalisent pas que leurs listes de livres peuvent être excessives. Voici les points indiqués par l’équipe de direction de la FSI : 1. Elles sont satisfaites de nos deux étudiantes, Marie-Guerdy Montfleury et Rosemène Jean Baptiste. Elles sont considérées comme assidues et studieuses. 2. L’examen d’Etat est effectivement requis pour pouvoir exercer la profession d’infirmière de « plein droit ». En son absence, la personne ne pourra exercer qu’en tant qu’auxiliaire de santé (assistante d’une infirmière) ou « faisant office » d’infirmière dans une organisation qui n’exige pas le DE. 3. L’examen d’Etat est effectivement difficile. Elles n’ont pas contesté que le taux de réussite au DE était faible. Elles n’ont pas contesté non plus quand nous avons dit qu’il était inférieur à 20%. Elles espèrent que cela va s’améliorer maintenant que l’école aligne son programme de formation sur le programme de l’examen d’Etat. Mais elle ne nous pas semblé aussi optimiste que le directrice de l’école d’infirmière de l’université Notre Dame. 4. Nous avons demandé si elles pouvaient nous dire quel devait être le niveau (moyenne générale) d’une élève infirmière pour avoir des chances de réussite au DE. La réponse a été qu’il était pas impossible de le savoir parce qu’une élève pouvait réussir alors qu’elle avait de mauvaises notes ou échouer alors qu’elle avait de bonnes notes à l’université. Il y a bien sûr des réussites et des échecs surprenants mais tout enseignant devrait être capable d’estimer les chances de réussite de ses élèves. Nous pensons qu’il faut mettre la pression sur la direction de la FSI (maintenant que nous l’avons identifié). Il faut que les parrains sachent suffisamment à l’avance les chances de réussite de leur filleule au DE. 5. Nous avons demandé s’il serait possible et dans quelles conditions de proposer un transfert à l’université Lumière d’infirmière des Cayes (qui est connue pour avoir d’excellents résultats). Curieusement, le Recteur Jean-Chavannes Jeune et la directrice académique de la FSI se sont alors affrontés, le premier disant que c’était possible, la seconde affirmant que le ministère s’opposait fermement à tout transfert entre écoles afin d’éviter les « abus ». Nous n’avons pas obtenu de clarification sur ce point. Finalement, nous avons abordé les questions financières. Nous avons fait la connaissance de Jonas Nerval (qui reçoit nos virements WU à Port-au-Prince). Nous avons évoqué la possibilité de faire des virements de banque à banque ce qui simplifierait notre tâche (celle de Christelle) mais aussi la leur. Ils vont nous faire parvenir le détail de leur compte bancaire pour que nous puissions demander à notre banque ce que couteraient les transferts. Nous avons ensuite invités quatre étudiant(e)s à déjeuner (Shella était absente) dans un petit restaurant proche de l’université. C’était très sympathique. Nous avons beaucoup plaisanté et beaucoup ri. La question d’un logement en centre ville est revenue sur le « tapis ». J’ai dit que nous étions conscients du problème mais que nous n’avons pas encore trouvé de solution. Nous devons dire que le trajet vers Rivière Froide que nous avons fait hier (aller et retour) nous a montré l’épreuve (on pourrait même dire le calvaire !) que vivent nos jeunes deux fois par jour sur une route paralysée par la circulation et la pollution des moteurs de voitures et de camion. L’arrivée à Saint-François (vers 13h30) est toujours très impressionnante. Notre voiture a eu cette fois-ci beaucoup de mal à monter la pente… Soeur Lops et Soeur Marie-Jeanne nous attendaient en haut tout sourire. Elles se sont confondues en remerciements pour notre visite (bien peu de choses au regard de ce qu’elles vivent au quotidien). Elles saluent bien sûr tout le monde. 1. Soeur Lops, comme à son habitude, avait réuni quelques enfants et jeunes à la recherche de parrainage (à l’initiative, paraît-il, de Barbara mon amie de Californie). Nous avons fait des photos de chacun avec leur nom et leur avons demandé de nous envoyer une lettre motivation ainsi que leurs carnets de notes. Nous avons bien entendu insisté sur le fait que les chances d’obtenir un parrainage étaient limitées mais que nous communiquerons leurs demandes. 2. Ensuite nous avons été invités à rencontrer les filleuls actuels. Tous n’étaient pas là (ils n’ont pas école l’après-midi). Nous avons faits des photos et quelques vidéos. Et nous avons reçu un ensemble de lettres et de carnets de notes que nous allons ramener en France. 3. Enfin nous sommes allés visiter l’école professionnelle de Saint-François. Celle-ci a été ouverte avec un don de la famille d’un soldat canadien décédé dans le tremblement de terre de 2010, le sergent Mike Gallagher. Elle est ouverte depuis deux ans et offre des formations en secrétariat, technique agricole, maçonnerie, charpenterie et carrelage. Ce sont précisément les disciplines que l’Agence Français de Développement nous a recommandées de soutenir parce qu’elles offrent les meilleurs débouchés professionnels actuellement en Haïti. La durée des études va de deux ans à six mois selon les disciplines. Les coûts vont de 400 euros à 200 euros par an, soit deux à huit fois moins que les frais de scolarité universitaire. Nous avons exprimé le désire de notre association de diriger nos filleuls qui ont achevé leurs études secondaires vers ce type de formation. 4. Enfin, nous avons mentionné l’intérêt de certains de nos parrains pour le soutien de l’école pour handicapés de Rivière Froide. Vendredi 01 avril 2016 Journée très chargée aujourd’hui. Nous devions visiter deux écoles où nous avons de nombreux filleuls (Adrien Massa et Cazeau) et l’université INUKA avec qui nous avons signé une convention de coopération en 2013 et pour laquelle nous avons des demandes d’étudiants. Malheureusement ces établissements sont situés ans des quartiers éloignés de Port-au-Prince. La journée a commencé à 7h20. Bos Tilo notre sympathique chauffeur nous attendait. Il est d’une efficacité remarquable pour se glisser dans la circulation extrêmement encombrée de Port-au-Prince. C’est une conduite au millimètre dans les embouteillages et il faut savoir faire comprendre à celui qui essaie de vous couper la route qu’il n’a aucune chance… même s’il faut le raser de près. Nous sommes arrivés à l’école Adrien Massa vers 8 heures du matin. Les écoliers étaient déjà en classe depuis 7 heures 30. Ils nous ont accueillis avec des chants de bienvenue que nous espérons vous faire écouter grâce aux vidéos que Christine a prises avec un soin extrême. Ensuite nous avons rencontré chacun des enfants parrainés. Pour certains nous avons pu faire un petite vidéo (en particulier pour les enfants parrainés par des classes comme le fameux Jameson si populaire au Lycée Saint-Jean). Nous avons pu voir presque tous les enfants et les jeunes, mais certains manquent. Malheureusement, Djélyson Fénelus, parrainée par les étudiants d’ESMT à Berlin a quitté l’école. Il va falloir le leur annoncer… Nous avons aussi fait des photos des candidats au parrainage. Et nous ramenons du courrier et des carnets de notes aussi bien pour les filleuls actuels que pour ceux qui souhaiteraient le devenir. Nous avons ensuite pris la direction du nord de l’agglomération, vers Tabart et Cazeau (des communes de la grande agglomération de Port-au-Prince). A Tabart, nous sommes passés à l’université INUKA fils qui a une bonne réputation en matière de formation à la gestion d’entreprises et en génie civil. Nous avons discuté avec le vice-recteur des projets de l’université qui est d’ailleurs en train d’agrandir le campus avec une belle construction. Papito nous a vanté les mérites de cette université dans le domaine du génie civil. J’ai évoqué avec le vice-recteur des projets de coopération. Nous sommes enfin partis en direction de Cazeau vers l’école dirigée par Soeur Polonne. Certains se souviennent que cette école avait été entièrement détruite et que les soeurs avaient dû séjourner sous des tentes pendant un an, et ensuite pendant quatre an dans ce qui ressemblait fort à un simple abris de jardin. La bonne nouvelle est que deux fondations ont été aussi émues que tous les visiteurs qui passsaient par là (dont Christine Tibério, Anne-Marie Bigot, et Christelle Martinet en 2011 ; et Rémi Notter et Francis Bidault en 2014). Ces deux fonctions ont heureusement trouvé dans leurs poches de quoi faire une jolie construction que vous verrez en photo. La reconstruction n’est pas finie pas finie cependant. Il faut encore ajouter des étages au bâtiment qui héberge les classes. Les soeurs n’ont pas encore le budget. Elles pensent à faire du « crowdfunding » (financement participatif) qui consiste à demander à un grand nombre de sponsors des contributions modestes. Chaque étage (150 m2 ?) coûterait de l’ordre de 30 000 US$ (27 000 euros). Si vous vous sentez une vocation de mécène, voilà une bonne cause ! A Cazeau également, nous avons pris les filleuls en photo. Christine a pu rencontrer sa filleule Mirlanda (toute émue) qui avait un peu de peine à comprendre le français. Heureusement Christine a pu parler en créole à Mirlanda toute surprise des dons linguistiques de sa marraine. J’ai pu parler avec la maman de Rémy Kervenson. La situation familiale n’est pas facile. Mais Rémy est gentil. Il a un petit problème de dermatologie que le médecin va examiner à la prochaine visite médicale. Enfin, nous avons vu le fameux Olivier Isidore (filleul des Delberg). Il a déjà subi une opération, sa santé va mieux. Une autre opération est prévue pour « finir de régler son problème ». Je pourrais en dire plus à Marie-Claire. Sinon, Olivier parle très bien français comme vous pourrez le constater dans une toute petite vidéo où on peut bien l’entendre. Elle sera mise en ligne à notre retour en France, ainsi que les autres vidéos que nous avons prises. Samedi 2 avril 2016 Une journée plus calme aujourd’hui puisque les écoles et la plupart des universités sont fermées le samedi. Nous sommes passés prendre Loulouse, la filleule de Francis, à l’université Lumière où elle avait des cours. Nous avions besoin de son aide et de celle de Papito pour les achats d’artisanat que l’association nous avait commandés. Notre premier trajet nous a ramenés à Pétionville / Pélerin II (sur les hauteurs de Port-au-Prince) pour aller porter à Soeur Marie-Moclar des cadeaux que nous avions oubliés de lui porter vendredi matin et pour prendre des documents qu’elle avait préparés pour l’association. Nous avons, à nouveau, présentés nos excuses pour ne pas être en mesure de prendre tous les cadeaux qu’elle avait préparés pour les parrains et marraines. Cela représentait un volume énorme (quelle générosité !) et tout cela ne rentrait pas dans nos bagages. C’était très gênant mais nous savons que Soeur Marie-Moclar a été compréhensive. Nous avons cependant pris tout ce que nous pouvions et nous avons promis de chercher une solution avec l’association pour rapatrier les cadeaux généreusement offerts par cette chère Soeur. Nous sommes ensuite redescendus en ville pour aller acheter de l’artisanat haïtien (du fer tapé, des magnets, des sous-plats, des sous-verres…) que nous pourrons vendre sur nos stands. Le Comité Artisanal Haïtien est une boutique qui achète directement à de nombreux artisans et propose une grande variété de produits. Nous n’avons pas pu prendre autant d’objets que prévu puisque nous allons ramener un certain nombre de cadeaux faits par les Soeurs et les filleuls. Quoiqu’il en soit, nous avons acheté des objets qui vont certainement trouver la faveur de nombreux acheteurs qui fréquentent nos stands. Comité Artisanal Haïtien (CAP) 29 Rue 3 Pacot Port-au-Prince, Haiti Phones – (509) 29.46.52.56 ou (509) 48.75.79.56 Email Fdacah80@yahoo.com ou Comiteartisanalhaitien@gmail.com La directrice du CAP nous a dit qu’elle pouvait nous envoyer des articles d’artisanat sans difficultés. Il n’y a pas (contrairement à ce qu’indique leur site web de commande minimum, même, si bien, sûr il ne faut pas leur acheter seulement quelques objets). Elle n’exige donc pas une commande de 1000 US$ minimum. Par contre, elle ne peut pas envoyer par « bateau ». Elle nous a expliqué que les transporteurs ne veulent pas prendre de petites quantités, mais veulent remplir des containers. Bien trop pour nous, c’est évident. Elle suggère donc faire les envois par avion, ce qui coûte malheureusement plus cher. Jean-Pierre Serrat pourrait peut-être obtenir des conditions intéressantes via Air France ? Nos amis haïtiens sont tous tellement affectueux et généreux : c’est touchant surtout quand nous savons les conditions difficiles dans lesquelles ils vivent. Nous pouvons dire que leur amour pour leurs parrains et marraines est immense ! Finalement, nous avons déjeuné ensemble avec Bos Tilo, notre cher chauffeur, Papito Marius, Loulouse Eliassaint et Shella Borno qui est venue nous rejoindre à l’hôtel. Nous avons pu faire quelques jolies vidéos de chacun à destination de leurs parrains et marraines. Vous pourrez voir celles-ci dès que nous aurons pu les télécharger sur internet. Nous vous communiquerons, bien entendu, le lien. Nous ramenons aussi de nombreux documents que nous ont été fournis les Soeurs (relevés de notes, lettres, dessins des filleul(e)s). Tout ceci sera transmis dès que possible à l’association qui les fera suivre aux parrains et marraines respectifs. Le séjour s’achève avec beaucoup d’émotion et avec, bien sûr, un peu de fatigue, mais surtout avec une cargaison de d’affection à partager avec vous tous. Restez bien connectés sur le site « haiti2016.canalblog.com » dans les heures qui viennent car de nouveaux documents seront téléchargés pendant le week-end.
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